L’écriture journalistique du web

Le journaliste du web a un style à part entière, parfois différent de celui du journaliste papier habituel.

Alors qu’aux débuts de l’internet, les auteurs des sites d’information étaient très décriés, et qu’on ne souhaitait pas leur attribuer le statut de journaliste, les choses ont bien évolué. Sous Théophraste Renaudot et La Gazette, la relecture, voire l’écriture, sont effectuées par Louis XIV ou son ministre, et la crédibilité de l’information est très relative, car ce sont des textes souvent orientés et généralement issus de bruits de couloirs. Petit à petit, le journalisme s’impose et obtient progressivement un statut, échappant régulièrement aux périodes de censure, parfois pour le salut de la Nation (guerres diverses), parfois pour le salut d’un dirigeant (Napoléon ou Robespierre). Mais la presse telle qu’on la connaît pendant les premiers siècles a tendance à ralentir nettement avec les deux conflits mondiaux. D’abord parce que le papier, l’encre et le matériel sont parmi les premières choses détruites quand elles ne sont pas contrôlées, et ensuite par l’arrivée de nouveaux médias de communication, comme le téléphone, le cinéma ou la télévision. Pour autant, les journaux n’ont pas disparu. Il en existe aujourd’hui de toutes sortes, pour tous les goûts et pour tous les niveaux.

Le journalisme classique

Le journaliste a plusieurs contraintes pour écrire son papier. La plupart d’entre elles sont induites par le type de support et la ligne éditoriale. Ainsi, chaque journal se fixe un certain nombre de points que chacun des auteurs devra respecter : style plus ou moins corrosif, intérêt pour tel ou tel sujet…

On associe la plupart du temps la ligne éditoriale à un choix politique, mais pas seulement : avant tout, il s’agit de déterminer une hiérarchie dans les rubriques. Ainsi la ligne éditoriale va définir le types d’actions reportées d’après un certain type d’actualité, le genre de reportage ou d’articles, le type d’informations, leur traitement, leur orientation…

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Il n’existe généralement pas d’écrit correspondant, car cette ligne doit pouvoir évoluer. C’est pourquoi elle ne devrait pas avoir sa source uniquement dans le bureau du directeur du journal ou de la radio, mais bel et bien dans celui du directeur de l’information, qui sera, parfois, amené à justifier son choix auprès de ses lecteurs ou auditeurs.

L’arrivée du journaliste du web

Avec le développement de l’internet depuis la fin des années 1990, la perception des sites d’information, qui y sont présents, a singulièrement changé. Désormais, on peut trouver des auteurs reconnus, de vrais journalistes du web sur différents sites. Cela s’explique de plusieurs manières. D’abord, parce qu’au fil du temps, les grands organes de presse ont mis en place sur la toile de véritables sites d’information, et pas seulement des copies numériques de leur version papier. Ensuite, parce que sur ces sites, les rubriques sont adaptées, et la circulation du lecteur se fait d’une autre manière. Lorsqu’on achète le journal, l’objectif est de lire la grande majorité des articles. Sur le web, l’hypertexte permet d’aller d’un site à l’autre, d’un endroit à un autre, d’une notion à une autre. La conséquence directe, c’est que le journaliste du web doit être efficace immédiatement, sinon le lecteur clique et s’en va.

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Des règles spécifiques

On peut considérer qu’il existe dix points majeurs à respecter quand on écrit pour le web, même si c’est également le cas pour certains supports papier.

  1. Ne pas perdre de temps en discours, faire des phrases courtes et aller à l’essentiel.
  2. Le style doit être clair. Les mots doivent être bien choisis pour que tout le monde puisse comprendre, sans nuire à la richesse des informations proposées.
  3. Connaître les subtilités techniques et utiliser les notions correspondantes sur des sujets définis
  4. Ne pas ennuyer l’internaute : sans vouloir se prendre pour un auteur de thriller, le journaliste web doit captiver son lectorat pour éviter de le perdre. Les intertitres, les formulations, tout doit être au rendez-vous pour accrocher et intriguer l’internaute.
  5. Attirer le lecteur. La lecture sur écran est pénible par nature, même si la qualité des écrans tend à gommer ce défaut de plus en plus. L’article doit être attrayant, illustré et facile à lire. Ces contraintes sont souvent fixées par les plateformes d’accueil de texte. Il faut donc s’y plier sans rechigner.
  6. Par certains côtés, le journaliste web travaille comme un politicien : il utilise des procédés littéraires identiques pour créer du dynamisme, de l’implication.
  7. Utilisez les propriétés du web à son propre avantage. Puisque le risque majeur est la perte d’intérêt de l’internaute qui clique sur un lien et quitte le texte, autant l’utiliser. Il faut donc prévoir des liens hypertextes internes ou externes à la page.
  8. Le journaliste (web ou non) a tout intérêt à oublier son ego quand il s’agit d’articles : il vaut mieux écrire pour les lecteurs que pour son propre plaisir. La connaissance de son lectorat permet de cibler au mieux les thématiques susceptibles de drainer des lecteurs.
  9. La spécialisation comme atout. Certes, un bon journaliste doit disposer d’une excellente culture générale pour pouvoir discuter avec tout type d’interlocuteurs et comprendre les tenants et aboutissants de ses thématiques, mais ce n’est pas suffisant. Il est intéressant pour un journaliste de pouvoir se spécialiser dans un ou plusieurs domaines, qui lui permettront d’avoir une vision globale autant que le vocabulaire précis et technique.
  10. Comme tout professionnel qui se respecte, il est important de respecter la déontologie. Après tout, il s’agit du traitement et de la circulation de l’information. Elle doit être vérifiée, rendue à son auteur, ne pas être discriminante ou insultante…
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